•  

    Alain Bashung

    Alain Bashung, né Alain Claude Baschung le 1er décembre 1947 à Paris, et mort dans la même ville le 14 mars 2009, est un auteur-compositeur-interprète et comédien français.

    Il devient, après un début de carrière difficile, une figure importante de la chanson et du rock français à partir du début des années 1980 et a influencé un grand nombre de chanteurs de la nouvelle scène française avec des tubes tels que Gaby oh Gaby (1980) et Vertige de l'amour (1981). À partir de son huitième album, Osez Joséphine (1991), il produit davantage de titres connaissant un retentissement commercial moindre, ce qui ne les empêchera pas d'être salués par la critique. Il a sorti douze albums studio et deux posthumes verront le jour.

    Il est, à égalité avec Matthieu Chedid, le chanteur le plus primé aux Victoires de la musique avec treize victoires obtenues tout au long de sa carrière.

     Jeunesse

    Alain Bashung est né d'une mère bretonne, ouvrière dans l'usine Renault de Boulogne-Billancourt, et d'un père supposé kabyle, qu'il n'a jamais connu. La mère, qui n'a jamais voulu parler à Alain de cette liaison passagère, se marie peu après sa naissance avec Roger Baschung, un boulanger alsacien. Il prend le nom de son beau-père et est envoyé, alors qu'il n'a qu'un an, chez les parents de celui-ci, dans les environs de Strasbourg, à Wingersheim, afin de bénéficier de meilleures conditions matérielles. Alain Bashung passe ainsi son enfance à la campagne dans un milieu modeste et conservateur, avec Oma (Elisabeth Battenstein, née à Düsseldorf, le 26 mars 1897), une grand-mère qui ne parle pas le français5. Son beau-père Roger lui offre pour ses cinq ans un harmonica Rosebud5 qui sera son jouet préféré. L'enfant s'évade de l'ennui et de la solitude à travers la radio, ses premiers émois musicaux sont les valses de Strauss, Wagner ou Kurt Weil... Enfant de chœur à Wingersheim, il pratique aussi le basket-ball et le cyclisme. Plus tard, à travers les radios des bases américaines installées en Allemagne, il découvre le rock'n'roll : J'avais l'impression que chaque morceau m'était adressé personnellement, pour la première fois je me suis senti heureux.

    Il revient vivre à Boulogne-Billancourt en 1959, chez ses parents. À la suite de l'obtention de son certificat d'études, il reçoit comme cadeau une guitare Lucky. Auprès de sa « marraine » Andrée, l'ancienne responsable du personnel et des œuvres sociales chez Renault, qui l'emmène aux concerts, il découvre les grandes figures de la chanson française, Édith Piaf, le rock américain de Gene Vincent, écoute à la radio Buddy Holly, qui deviendra un modèle, Elvis Presley. Tout en suivant des études, qu'il abandonne après avoir obtenu un BTS de comptabilité, en 1965, à l'école nationale de commerce, il forme avec des copains un groupe éphémère, Les Dunces (en français : « les cancres »), au registre oscillant entre folk et rockabilly. Un ami de sa marraine Andrée, régisseur à l'ORTF pour les shows d'Henri Salvador, lui ouvre les portes du music-hall.

    Débuts difficiles

    Avec des musiciens rencontrés à Royan, Bashung forme un nouveau groupe qui écume les restaurants, les hôtels de province et surtout les bases américaines. Il commence difficilement sa carrière avec un premier 45 tours, à dix-neuf ans, Pourquoi rêvez-vous des États-Unis ?, en 1966. La même année, entré chez RCA comme arrangeur, il y signe la musique de quelques chansons pour Claude Channes, Évelyne Courtois alias Pussy Cat et Noël Deschamps. En juin 1967, lors d’un festival pop au Palais des Sports de Paris, il ouvre - avec Ronnie Bird et Noël Deschamps - devant les V.I.P.s (en), les Pretty Things, les Troggs et Cream. Entre 1972 et 1974, il compose une partie des musiques et coréalise trois albums et trois singles (dont Marilou) pour Dick Rivers.

    En 1968, il est la révélation télé de la saison en participant et remportant avec la chanson Je vous crois la finale de l'émission « Tremplins de l'été », ce qui lui vaut un début de notoriété nationale11 qui restera néanmoins limitée. À cette époque, il vit quelques mois chez le chanteur Christophe. Il enregistre Les Romantiques, en 1968, celui-ci ne rencontre cependant que peu de succès. À partir de ce disque, il supprime le « c » de son nom. Il enregistre ensuite les chansons Ni le ciel ni l'enfer, La Rivière, La Dernière Porte dont les arrangements sont confiés à Jean-Claude Vannier et André Georget.

    En 1973, Alain Bashung interprète Robespierre dans la comédie musicale La Révolution française, de Claude-Michel Schönberg5, sous le nom d'Alain BaSchung.

    En onze ans, il sort une douzaine de singles, dont l'un sous le pseudonyme de David Bergen, puis deux autres en 1976-1977 sous celui d'Hendrick Darmen, en tant que compositeur et interprète du groupe Monkey Bizness, tout cela sans grand écho.

    Bashung rencontre alors le réalisateur Andy Scott et le parolier Boris Bergman, avec qui il signe, en 1977, son premier album innovant, Roman-photos, un échec commercial dans le contexte de la déferlante punk. Toute cette période marquée par des désillusions récurrentes sera pour l'artiste synonyme d'années sombres durant lesquelles il goûtera à diverses drogues songeant parfois même au suicide.

    De 1979 à 1981 : Premiers succès

    Alain Bashung poursuit en 1979 avec Roulette russe, album très sombre et plus rock, mais qui reste, comme son prédécesseur, très peu diffusé. Il faut attendre la fin de 1980 et la sortie du 45 tours Gaby oh Gaby pour que le chanteur, alors âgé de bientôt trente-cinq ans, connaisse enfin le succès ; ce single se vend à plus d'un million d'exemplaires et sera inclus dans la réédition de Roulette russe, qui connaît alors à cette occasion un regain de ses ventes.

    Il confirme son talent auprès de la critique musicale et son succès auprès du public, avec la sortie en 1981 de son album très rock Pizza, qui lui permet, grâce au tube Vertige de l'amour, d'entamer une tournée dans de grandes salles, notamment à l'Olympia à Paris. Pourtant, c'est à cette période qu'il se brouille avec Boris Bergman.

    De 1982 à 1989 : Virage artistique, période New Wave

    En 1982, Alain Bashung collabore avec Serge Gainsbourg pour l'album Play blessures. Ce disque est une rupture volontaire avec le succès énorme et inattendu de Gaby, dont il semble vouloir se démarquer (J'dédie cette angoisse à un chanteur disparu, mort de soif dans le désert de Gaby, respectez une minute de silence, faites comme si j'étais pas arrivé..., chante-t-il sur J'croise aux Hébrides). Au regard des 500 000 exemplaires vendus de Pizza, les 65 000 disques vendus de Play Blessures font de cet album un échec commercial. Côté critiques5, seuls Libération et les médias rock encensent l'album, tandis que le reste de la presse peine à adhérer à ce disque difficile d'accès14 : certains qualifieront même Bashung de « Johnny Hallyday new wave ». Cet album est pourtant aujourd'hui considéré comme une pièce essentielle de la discographie du chanteur.

    En 1983, l'album plus sombre Figure imposée, écrit en collaboration avec Pascal Jacquemin, reste tout aussi confidentiel. Mais le succès revient, en 1984, avec le single S.O.S. Amor qui lui permet de relancer sa carrière. En 1985, Alain Bashung interprète Touche pas à mon pote, pour l'association SOS Racisme. La sortie de Live Tour 85 et les désaccords quant à son format marquent la fin de la collaboration entre Bashung et sa maison de disques Philips. Barclay, qui vient de signer les jeunes Noir Désir la même semaine, lui ouvre ses portes.

    En 1986, avec Passé le Rio Grande il renoue avec la veine de ses premiers tubes et collabore d'ailleurs à nouveau avec Boris Bergman. Cet album est récompensé « Meilleur album rock » aux Victoires de la musique.

    Mais en 1989, il revient aux sonorités sombres et new wave, aux expérimentations, sur l'album Novice. Le single trois titres qui en est extrait, Bombez ! marque sa première collaboration officielle avec le parolier Jean Fauque et sa dernière avec Boris Bergman. Novice, dont la noirceur fait écho à Play Blessures, n'atteint pas la barre des 50 000 exemplaires vendus et est un échec commercial.

    Années 1990 : La consécration

    À l'aube des années 1990, Alain Bashung souhaite rompre avec l'utilisation des machines et des synthétiseurs qu'il a beaucoup exploités durant la décennie précédente. Enregistré en partie à Memphis avec des musiciens américains, l'album Osez Joséphine sort en 1991. Une nouvelle fois écrit en collaboration avec Jean Fauque, cet album aux sonorités blues contient aussi quelques reprises de classiques du rock américain. À presque quarante-cinq ans, l'artiste élargit encore son audience, l'album se vend à plus de trois cent cinquante mille exemplaires et le single Osez Joséphine est son premier vrai tube depuis Vertige de l'amour, paru dix ans plus tôt. Sur le même album, se trouve Madame rêve, titre rapidement incontournable de son répertoire, qui laisse entrevoir ses évolutions artistiques à venir.

    En 1992, il reprend Les Mots bleus de Christophe, dans la compilation Urgence : 27 artistes pour la recherche contre le sida.

    En 1993, Alain Bashung entame à Bruxelles l'enregistrement de son prochain disque. L' élaboration de ce disque est coûteuse et pénible : divers musiciens étrangers sont successivement mis à l'épreuve et accumulent de nombreuses prises dans différentes directions (Michael Brook, Sonny Landreth, Ally McErlaine, Link Wray, Marc Ribot et Stéphane Belmondo). Deux mixages sont nécessaires pour donner satisfaction à l'artiste. Chatterton, album qu'il qualifie lui-même de country new age sort en 1994. Le titre Ma petite entreprise est un nouveau succès pour Bashung. Dans la foulée, il entame une tournée de deux ans, couronnée, en 1995, par le double album en concert Confessions publiques.

    À partir de 1994, Alain Bashung se consacre davantage à sa carrière de comédien débutée en 1981, notamment dans Ma sœur chinoise d'Alain Mazars.

    Durant l'année 1997 lourde en événements personnels (dépression, séparation avec sa femme et déménagement dans le quartier de Belleville à Paris), Alain Bashung s'attelle au chantier du disque qui sera souvent considéré comme son plus grand chef-d'œuvre : Fantaisie militaire. Les textes sont écrits une nouvelle fois avec Jean Fauque et Barclay présente à Bashung deux auteurs compositeurs de leur écurie : Les Valentins. Le disque est enregistré entre Paris, Aix-en-Provence et Londres avec les participations, entre autres, de Ian Caple, Rodolphe Burger, Adrian Utley (Portishead) et de Joseph Racaille pour les arrangements de cordes. L'album sort en janvier 1998, porté par le titre La nuit je mens. Pour cet album, il reçoit trois Victoires de la musique en 1999 (en 2005, à l'occasion de la vingtième édition des Victoires de la musique, Fantaisie militaire sera consacré meilleur album des vingt dernières années). Pour Alain Bashung, c'est un double et franc succès, critique et commercial.

    En 2000, il sort Climax, un double album de compilations dans lequel il revisite certains de ses plus grands titres, dont Volontaire en duo avec Noir Désir. Cette année-là, il écrit pour Vanessa Paradis la chanson L'Eau et le Vin, qui figure sur son album Bliss.

    Années 2000 : Derniers albums

    L'album L'Imprudence sorti en 2002, très bien accueilli par la critique, est considéré comme le plus sombre de sa discographie. Ce disque exigeant, jugé parfois trop austère, plus « parlé » que chanté, avec des arrangements de cordes et d'électro, s'inspire, selon Alain Bashung, de la musique des vieux films en noir et blanc. Il enregistre, la même année, le Cantique des cantiques avec son épouse, la comédienne et chanteuse Chloé Mons : ce titre avait été écrit à l'occasion de leur mariage en 2001, sur une musique de Rodolphe Burger, à partir d'une nouvelle traduction du Cantique des cantiques de la Bible par l'écrivain Olivier Cadiot. En 2003, il participe à l'album-hommage à Léo Ferré, Avec Léo !, interprétant une version déconstruite de la chanson Avec le temps, et il écrit la préface d'un ouvrage retraçant le parcours artistique de cet artiste, qu'il admire.

    Bashung lors de sa dernière tournée le 11 juillet 2008 aux Francofolies de la Rochelle.
     

    En octobre 2003, Alain Bashung effectue son retour sur scène après huit années d'absence. Durant deux ans, il parcourt avec ses musiciens les routes de France, en passant par Bruxelles et Montréal24. Cette tournée est immortalisée par un double album en concert : La Tournée des grands espaces25. En juin 2006, il se produit à la Cité de la Musique à Paris, qui lui donne carte blanche pendant plusieurs jours. Il y donne une série de représentations en s'entourant, pour l'occasion, des artistes qu'il aime et admire : Christophe, Dominique A, Rodolphe Burger, Arto Lindsay.

    Début 2007, il participe à la tournée des Aventuriers d'un autre monde, avec Jean-Louis Aubert, Cali, Daniel Darc, Richard Kolinka et Raphaël. Il s'offre également deux soirées à la Salle Pleyel de Paris, tout en incarnant Jack l'Éventreur dans la chanson Panique mécanique, sur l'album La Mécanique du cœur de Dionysos.

    Alain Bashung apparaît dans J'ai toujours rêvé d'être un gangster, de Samuel Benchetrit, où il joue une des séquences avec le chanteur belge Arno. Tous deux interprètent leur propre personnage, se disputant la paternité d'une chanson.

    En 2008, il chante L.U.V. en duo avec Daniel Darc, sur l'album de celui-ci, Amours suprêmes. Il participe également au Daho Show et reprend I Can't Escape from You en duo avec Étienne Daho. Il proposera également une création, L'Homme à tête de chou, autour de Serge Gainsbourg.

    Le 24 mars 2008, Alain Bashung sort son ultime album: Bleu pétrole, collaborant notamment avec Gaëtan Roussel, de Louise Attaque, Arman Méliès et Gérard Manset, dont il reprend la chanson voyage en solitaire, qui conclut l'album. Il entame ensuite une tournée et est notamment programmé dans plusieurs festivals. Le 10 juin 2008, il commence une série de récitals à l'Olympia, malgré une chimiothérapie en raison d'un cancer du poumon. Son parolier depuis vingt ans, Jean Fauque, annonce qu'un nouvel album pourrait voir le jour rapidement.

    Alain Bashung est promu chevalier de la Légion d'honneur le 1er janvier 200927,28. Le 28 février 2009 il est nominé quatre fois aux Victoires de la musique et remporte trois trophées : interprète masculin de l'année, meilleur album de chanson pour Bleu pétrole, et sa tournée est désignée meilleur spectacle de l'année. Cette cérémonie, marquée par ses multiples récompenses, sera sa dernière apparition publique puisque, très affaibli, il décide d'annuler ses derniers concerts dans les jours qui suivent.

    Gros fumeur, atteint d'un cancer du poumon depuis plus d'un an, il meurt le 14 mars 2009, à l'hôpital Saint-Joseph à Paris, à 61 ans. Après une cérémonie religieuse en l'église Saint-Germain-des-Prés, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (13e division) le 20 mars 2009.

    Marié une première fois, de 1971 à 1986, à Chantal Mironneau, Alain Bashung a eu un fils, Arthur, né le 6 avril 1983 de son union en 1981 avec Chantal Monterastelli, et une fille, Poppée, issue le 15 janvier 2001 de son troisième mariage en 2001 avec Chloé Mons...(suite sur le lien de son nom).

     

    Ce chanteur ne fait pas forcément parti de mes favoris et malheureusement je l'ai peu connu, mais je l'aime bien pour sa voix et surtout pour certaines de ses chansons...c'est triste que lui aussi ne soit plus parmi nous !

     

    Voici quelques uns de mes préférés parmi tous ses titres (vidéos avec paroles):

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  •  

    ChristopheChristophe, nom de scène de Daniel Bevilacqua, né le 13 octobre 1945 à Juvisy-sur-Orge et mort le 16 avril 2020 à Brest, est un auteur-compositeur, chanteur et occasionnellement comédien français.

    En 1965, en pleine époque yéyé, une de ses premières chansons, Aline, devient instantanément un tube. Il connaît d'autres grands succès en 1973 et 1974 avec Les Paradis perdus et Les Mots bleus, salués par la critique, tout comme son album pop rock Le Beau Bizarre en 1978 qui connaîtra cependant un retentissement commercial moindre. Son titre Succès fou, paru en 1983, constitue son dernier véritable succès commercial. Après une relative éclipse, il sort cinq albums entre 1996 et 2016, dont Comm'si la terre penchait (2001) et Les Vestiges du chaos (2016). En 2019, Christophe revient avec deux compilations (Christophe, Etc. et Christophe, Etc. Vol.2) dans lesquelles le chanteur revisite ses chansons.

    Au total, il a publié dix-sept albums studio, trois albums en public et collaboré à quatre longs métrages en cinquante-cinq ans de carrière...(suite sur le lien de son nom).

     

    Perso, je n'ai pas vraiment d'affinités avec ce chanteur, nommé "Christophe", mais je l'ai connu et apprécié grâce à ses 2 célèbres chansons "Aline" et "Les Mots bleus" en particulier car elle me touche beaucoup et je l'aime énormément...elle fait parti également de mes chansons françaises préférées !

     

    Voici donc ses deux plus célèbres chansons connues de tout le monde:

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  •  

    Henri SalvadorHenri Salvador, né à Cayenne (Guyane) le 18 juillet 1917 de parents guadeloupéens et mort à Paris le 13 février 2008, est un chanteur et humoriste français. Compositeur et guitariste, il joue à ses débuts dans des orchestres de jazz français. Sa longue carrière (commencée dans les années 1930), prend une nouvelle dimension lorsqu'il entame à partir de 1948, une carrière de chanteur.

    Artiste populaire, apprécié d'un large public, on lui doit de nombreuses chansons qui aujourd'hui encore demeurent dans les mémoires : Syracuse, Maladie d'amour, Le Loup, la Biche et le Chevalier (Une chanson douce), Le lion est mort ce soir, Dans mon île4, Le travail c'est la santé, Zorro est arrivé, ou encore Jardin d'hiver.

    Sacha Distel et lui sont les deux seuls chanteurs français de variété à figurer dans le Dictionnaire du Jazz. D'ailleurs, chacun avait bien connu le compositeur Ray Ventura, Sacha Distel étant son neveu et Henri Salvador, à ses débuts, chanteur dans son orchestre.

    Henri Gabriel Salvador naît au 19, rue de la Liberté, à Cayenne, le 18 juillet 19177. Son père Clovis Salvador, percepteur des impôts, et sa mère Antonine Paterne, fille d’une Amérindienne caraïbe, sont tous deux natifs de Guadeloupe8 : son père de Morne-à-l'Eau, et sa mère de Port-Louis9. Le jeune Henri débarque du paquebot Pérou au Havre le 16 août 1929, à l’âge de 12 ans, en compagnie de toute sa famille10. Il est le benjamin d'une fratrie comprenant sa sœur Alice et son frère André, avec lequel il chantait en duo au début de sa carrière, et avec qui il fit les beaux jours du Jimmy’s, à Paris et à Biarritz. Son frère reçut le Grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros en 1947 pour Hey-ba-ba-re-bop avec l’orchestre d’André Ekyan11.

    Billet de voyage de la famille Salvador rejoignant la métropole à bord du Pérou en 1929.

    Henri Salvador est par ailleurs le père biologique du photographe Jean-Marie Périer, conçu lors d'une liaison avec l'actrice Jacqueline Porel. L'enfant a ensuite été reconnu par François Périer. Les circonstances de la rencontre entre Jean-Marie Périer et son père naturel à Los Angeles en 1982 sont relatées dans son autobiographie Enfant gâté12,13.

    Il se marie en 1940 avec une jeune Corse, Lili Susini, qui l'accompagnera pendant son périple sud-américain avec l'orchestre de Ray Ventura jusqu'à son retour en France en 1945. Il se remarie avec Jacqueline Garabédian en 1950. Après la mort de sa seconde épouse en 1976, Henri Salvador se remarie, en mai 1986, avec Sabine de Ricou, de qui il divorcera en 1995.

    En novembre 2001, il épouse Catherine Costa, femme de radio et productrice d'émissions télévisées rencontrée lors d'un tournoi de tennis à Monte-Carlo14.

    La jeunesse

    Henri Salvador en 1946 (photo studio Harcourt)
     

    Enfant du paradis au cirque Medrano, il s'esclaffe si fort sur les gradins que le clown Rhum lui demande de revenir tous les dimanches, lui apprenant des gags en échange de ce rire communicatif. Ayant obtenu de justesse son certificat d'études, il exerce de nombreux petits boulots mais sans succès. Timide mais comprenant que son rire est son arme, il fait le pitre devant les terrasses des cafés parisiens et décide d'arrêter ses études à 15 ans, ce qui désespère son père15.

    Influencé par sa tante Léona Gabriel qui chante dans un cabaret parisien, il apprend la musique (trompette et violon, instruments dont joue son père, mais surtout la batterie et la guitare). En 1933, un de ses cousins lui fait entendre les disques de Louis Armstrong et Duke Ellington. Fasciné par le jazz, il écoute cette musique à longueur de journée jusqu'au jour où il accompagne son frère André dans des cabarets parisiens. Ses talents de musicien, mais aussi d’humoriste, le font connaître et apprécier du public. En 1935, ils jouent au Jimmy’s Bar, cabaret renommé de l’époque. Django Reinhardt qui trouve des parfums tropicaux dans le jeu d'Henri l'engage alors comme accompagnateur16.

    En septembre 1937, il est affecté pour son service militaire dans un régiment d'infanterie dans l'Est de la France puis est muté à Paris, grâce aux relations du patron du Jimmy's, dans le 213e régiment d'infanterie. À nouveau confronté au racisme et peu fait pour la vie de caserne, il déserte et est emprisonné dans la prison militaire de Maisons-Laffitte. Réintégré, il est envoyé en juin 1940 sur le front Nord. La guerre est rapidement remportée par les Allemands, si bien qu'il est contraint de revenir à Paris en pleine débâcle15.

    Le musicien

    En 1941, il fuit la zone occupée pour la zone libre, où il est d'abord chanteur d'orchestre à Nice puis en avril à Cannes (son frère le fait engager au Maxim's comme guitariste dans l'orchestre de Bernard Hilda où Ray Ventura le remarque). Il fait partie de décembre 1941 à décembre 1945 de l’orchestre de Ventura lors de son séjour en Amérique du Sud — Brésil, Argentine, Colombie, Uruguayetc. Il part seul, sans son frère qui était pourtant le leader de leur duo, signant les contrats. Il y exerce ses talents de guitariste-chanteur, et de comique, avec une imitation de Popeye. C'est là qu'il connaît son premier succès personnel, sauvant la première soirée de l'orchestre de Ray Ventura au casino d'Urca (Rio de Janeiro) par son imitation de Popeye puis l'interprétation de Maladie d'amour17. Ventura revient à Paris en 1945 mais Henri accepte un contrat pour effectuer une tournée solo au Brésil. Lorsqu'il retrouve son frère André le 5 décembre 1945, ce dernier souhaite reformer leur duo mais Henri, devenu une vedette, refuse, ce qui provoque une douloureuse rupture affective15. Il réintègre l'orchestre de Ventura puis, lassé d'être le fantaisiste surtout reconnu pour son jeu scénique, monte son propre orchestre en 1946, avec succès. En 1947, il propose au directeur de Bobino de l’embaucher en vedette à part entière, prenant le pari de n'être payé que par les entrées. Dès sa première scène le 18 octobre 1947, il rencontre le succès qui lance sa carrière de chanteur créole. En mars 1948 Jacques Canetti , enthousiasmé par sa voix de crooner, lui propose de passer au Théâtre des Trois Baudets dont c'est le premier spectacle. Énorme succès ! Dans la foulée il enregistre avec Canetti chez Polydor Maladie d'amour et Clopin-Clopant qui recevra le Grand Prix du Disque 1949. Cette collaboration durera jusqu'en 1956 au moment où Michel Legrand et Jacques Canetti, de retour des Etats Unis, reviennent avec le premier disque de rock. Avec Boris Vian et Henri Salvador ils lanceront les premiers rocks français.

    Il participe, en 1949, au film Nous irons à Paris, de Jean Boyer, aux côtés de l’orchestre de Ray Ventura, des Peter Sisters, de Martine Carol et d’autres vedettes de l’époque.

    En 1949 il passe à l'ABC, le temple des music-halls parisiens, dans la revue de Mistinguett Paris s’amuse. C’est là qu’il rencontre Jacqueline Garabédian, étudiante égyptienne qui devient son épouse le 24 janvier 1950 et son imprésario15.

    Par la suite, devenu chanteur, il est accompagné par plusieurs musiciens tels que Philippe Gérard, Henri Leca, Jack Diéval, surnommé le Debussy du jazz18, Joe Boyer, Michel Legrand… Il fait toujours en sorte de combiner sur ses albums chansons très fantaisistes et chansons douces, bien que le grand public se montre plus enthousiaste sur les premières, tandis que la concurrence est sévère dans le domaine des secondes (André Claveau, Georges Ulmeretc.).

    Le chanteur populaire

    Henri Salvador en 1961.

    En 1956, sous le pseudonyme d’Henry Cording — en référence à recording (enregistrement en anglais), il est l'un des premiers à interpréter des airs de rock 'n' roll19 en français, sur des textes de Boris Vian (alias Vernon Sullivan) mis en musique par Michel Legrand sous l'impulsion de Jacques Canetti (Jack K Netty). Il s’agit, en fait, de parodies de ce nouveau style de musique alors en vogue aux États-Unis.

    Parallèlement, la même année, il enregistre un 45-tours à la guitare jazz, intitulé Salvador Plays the Blues.

    C'est en débutant dans l'orchestre de Ray Ventura qu'Henri Salvador révèle ses qualités d'interprète et de fantaisiste. Il y fait la rencontre déterminante de Bernard Michel et Maurice Pon, avec qui il écrira de nombreux succès : Le Loup, la Biche et le Chevalier (communément appelée Une chanson douce), Le travail, c'est la santé, Dans mon île, Croqu'Soleil, Les Bestiolesetc.

    La complicité de Bernard Michel et Henri Salvador engendre plus de quarante-cinq ans de créations artistiques fructueuses, telles que : Ah Ah Ah, Ma Doudou, Twist SNCF, Zorro est arrivé, Minnie, petite souris, Tout ça, c'est pas grave, Monsieur Boum Boum, J'étais une bonne chanson, Une femme d'affaires, Pauvre Jésus-Christ, Le Voyageur, Une blonde en or, Les Aristochats20, C'est pas la joie, J'aime tes genoux21etc. Sa carrière prend un tournant dans les années 1960, en grande partie grâce aux émissions de variétés de Maritie et Gilbert Carpentier, dans lesquelles il interprète des chansons humoristiques, qui le consacreront comme chanteur populaire : Faut rigoler, Juanita Bananaetc. Il obtient même, en première partie de soirée, sa propre émission, intitulée « Salves d’Or », qui connaîtra plusieurs éditions.

    Il crée en 1964 son propre label, Rigolo, qui publiera dorénavant tous ses disques jusqu'en 1984, ainsi que ceux de quelques autres artistes : Tiny Yong, Jacky Moulière, Baris Manço, les Bretell's, Jacqueline Boyer, Audrey Arno

    Henri Salvador en 1970 à Toulouse pour la promotion de son film Et qu'ça saute. L'ananas qu'il tient entre ses mains représente, sur l'affiche du film, une bombe.

    Supporter du Paris Saint-Germain depuis le début des années 1970, Henri Salvador possédait quatre abonnements à vie au Parc des Princes depuis l’ère Hechter. Le club était en effet dans une mauvaise passe financière et Daniel Hechter avait demandé à ses amis de mettre la main à la poche. En contrepartie de 10 000 francs de dons, Hechter a offert un abonnement à vie au Parc pour tous les matches du club. Henri Salvador en prit quatre23.

    Le 19 septembre 1976, sa femme Jacqueline meurt d'un cancer. Il sombre alors dans une grave dépression et perd son manager15. Son imprésario Charley Marouani le convainc de venir quelques jours à Tahiti chez un autre de ses artistes, Jacques Brel, séjour qui lui redonne le goût de la musique24.

    En 1979, il participe au conte musical Émilie Jolie, écrit par Philippe Chatel, dans lequel il incarne le conteur, et interprète trois chansons, dont l’une avec Françoise Hardy et Émilie Chatel.

    Certains de ses innombrables succès ont été repris sur disque par d'autres artistes, en particulier Le Loup, la Biche et le Chevalier (plus connu de tous sous le titre Une chanson douce). Enzo Enzo ou Thierry Gali, entre autres, ont repris ce titre dans leurs albums à destination d'un jeune public. De 1971 à 1975, il participe, avec bonheur, à plusieurs séries de variétés pour la jeunesse produites sur la Première Chaîne de télévision par Gilbert Richard. Notamment, il compose et interprète l'indicatif de son émission du mercredi après-midi : Papa Tête en l'Air...(suite sur le lien de son nom).

     

    Je ne peux pas dire que je suis un grand fan de ce chanteur, mais faut avouer qu'il a tout de même fait de belles chansons... C'était un Grand Monsieur de la chanson française. Et étant passionné par la musique et notamment par la chanson française, je ne pouvais pas sur un blog musical ne pas parler de ce grand artiste.

     

    Voici quelques morceaux parmi toutes ses chansons :

     

     Duo avec Séverine Vincent

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  •  

    CharlDécès de Charles Aznavoures Aznavour (en arménien : Շառլ Ազնաւուր), né Shahnourh Varinag Aznavourian (en arménien : Շահնուր Վաղինակ Ազնաւուրեան) le 22 mai 1924 à Paris et mort le 1er octobre 2018 à Mouriès (Bouches-du-Rhône), était un auteur-compositeur-interprète, acteur et écrivain franco-arménien.

    Au cours d'une carrière commencée en 1946, il a enregistré près de mille deux cents chansons interprétées en plusieurs langues : en français, anglais, italien, espagnol, allemand, arménien (Yes kou rimet'n tchim kidi), napolitain (Napule amica mia), russe et dernièrement en kabyle. Il a écrit ou coécrit plus de mille chansons, que ce soit pour lui-même ou d'autres artistes.

    Il est l'un des chanteurs français les plus connus en dehors du monde francophone. Décrit comme « la divinité de la pop française » par le critique musical Stephen Holden, Charles Aznavour a été consacré « chanteur de variété le plus important du XXe siècle » par CNN et Time devant Bob Dylan, Frank Sinatra et même Elvis Presley.

    Sans renier sa culture française, il représente l'Arménie dans plusieurs instances diplomatiques internationales à partir de 1995N 1, et obtient la nationalité arménienne en 2008. Il est nommé au poste d'ambassadeur d'Arménie en Suisse, son pays de résidence, et le représentant permanent de ce pays auprès de l'ONU

    Ses débuts :

    En 1941, il rencontre Pierre Roche16, pianiste, compositeur et « directeur » de l'École du Music-Hall (devenue par la suite le Club de la Chanson)17, avec lequel il se lie d'amitié. Ensemble, ils forment le duo Roche et Aznavour qui se produit dans différents galas. En 1946, Aznavour est remarqué par la chanteuse Édith Piaf qui le convainc avec son acolyte de l'accompagner, avec Les Compagnons de la chanson, dans une tournée en France et aux États-Unis en 1947-194818.

    La « conquête » de l'Amérique par les deux acolytes s'effectue toutefois au Québec en 1948, où le duo se produit pendant un an et demi. Ils se retrouvent au cabaret montréalais Au Faisan Doré pendant quarante semaines, où ils donnent onze concerts hebdomadaires19. Entre 1948 et 1950, ils font paraître six 78 tours, contenant notamment les titres J'ai bu (1948), Départ express (1948) et Le Feutre taupé (1948)20.

    Roche choisit de vivre au Canada avec Aglaé, une jeune chanteuse dont il est tombé amoureux. Ne voyant pas le succès venir, Aznavour songe à rester à Montréal, mais Piaf l'en dissuade, l'encourage à poursuivre une carrière solo et l'incorpore dans sa tournée d'été comme régisseur et chanteur en première partie. Charles vit ainsi intimement dans l'ombre de Piaf pendant huit ans, étant son homme à tout faire et secrétaire, chauffeur et confident21. Sentant le jeune chanteur complexé par son grand nez, elle le convainc, à la fin de l'année 1950, de subir une rhinoplastie à New York22.

    Charles Aznavour en 1956.
     

    Entre 1950 et 1955, Aznavour écrit plusieurs chansons que Gilbert Bécaud met en musique et interprète. Au début des années 1950, la notoriété arrivant, viennent aussi les premières critiques : après une soirée qui se termine en « bide », Aznavour écrit, lucide :

    « Quels sont mes handicaps ? Ma voix, ma taille, mes gestes, mon manque de culture et d'instruction, ma franchise, mon manque de personnalité. Ma voix ? Impossible de la changer. Les professeurs que j'ai consultés sont catégoriques : ils m'ont déconseillé de chanter. Je chanterai pourtant, quitte à m'en déchirer la glotte. D'une petite dixième, je peux obtenir une étendue de près de trois octaves. Je peux avoir les possibilités d'un chanteur classique, malgré le brouillard qui voile mon timbre […]23. »

    En 1952, il postule même pour remplacer Marc Herrand qui a quitté Les Compagnons de la chanson, mais en vain24. Cependant, il reste en très bons termes avec eux, et sera parrain de la fille de Fred Mella, Laure, qui naîtra quelques années plus tard. En 1955, il fait sa première apparition à la télévision française dans l'émission Télé-Paris à Cannes où il chante Le Palais de nos chimères.

    Ses premiers succès, censures et consécration

    Nota, source pour l'ensemble de cette section, sauf mentions contraire25.

    C'est en 1953, au cours d'une tournée au Maroc, que Charles Aznavour connait à la scène pour la première fois le succès. Contrairement à l'accueil indifférent parfois franchement hostile qu'il connait à chacune de ses prestations en France, au Jardin d'Hiver de Casablanca, le public lui fait un triomphe. Le spectacle Les trois notes (avec également à l'affiche, Florence Véran - compositrice de Je hais les dimanches - et Richard Marsan - alors imitateur et futur directeur artistique de Léo Ferré), tourne également dans plusieurs villes marocaines... (cette tournée de trois mois en Afrique du Nord, le conduit également en Algérie et en Tunisie). Au casino de Marrakech, Aznavour est remarqué par le directeur du Moulin-Rouge Jean Baudet (alors en vacances), qui l'engage. L'année suivante, le chanteur se produit durant trois mois dans le célèbre cabaret parisien. En 1955, du 1er au 21 juin, il est à l'affiche de l'Olympia, en première partie de Sidney Bechet. Pour son tour de chant, à la demande de Bruno Coquatrix, il écrit une nouvelle chanson, qui sera son premier véritable succès au disque, Sur ma vie. Malgré les critiques, qui médisent aussi bien sur sa voix que sur son physique26, il est encore sur la scène de l'Olympia, cette fois en première partie (avec Gloria Lasso et Annie Fratellini), du duo comique Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, du 29 décembre 1955 au 17 janvier 1956.

    1955 et 1956, sont deux années également riche en succès discographiques : À t'regarder, Vivre avec toi, Parce que, [...], Après l'amour. Cette chanson est dans un premier temps couplée sur un même disque avec Sur ma vie27, avant de réapparaitre en titre vedette sur un super 45 tours nommé Interdit au moins de 16 ans28. Les critiques et la censure se déchainent, d'autant que le disque contient une autre chanson jugé sulfureuse Je veux te dire adieu. Coécrite avec Gilbert Bécaud, les deux artistes enregistrent chacun leur propre version qui diffère quelque peu : là où Bécaud chante « Et tu mords dans sa vie pour tisser ma souffrance », Aznavour n'hésite pas et par sa voix le vers devient « Et tu mords dans sa vie pour tisser ta jouissance », y gagnant son surnom de « crucifié du traversin ». Malgré cela, à partir du milieu des années cinquante, Charles Aznavour bénéficie d'une certaine reconnaissance que ne se démentira plus, la presse écrit alors « La France est Aznavouré », il lui reste encore à convaincre sur scène...

    Après un premier passage à l'Alhambra en 1956, il est à nouveau sur cette scène en octobre 1958 et en décembre (le 2), il est à l'Olympia à l'affiche d'un Musicorama avec (notamment) Petula Clark, où il obtient un grand succès et deux rappels. En 1960, l'artisque signe avec la maison de disques Barclay, où il obtient plus de moyens et une plus grande liberté artistique. C'est cette même année , le 12 décembre, soir de première, que sa carrière prend définitivement son envol, avec la chanson Je m’voyais déjà (titre écrit quelques mois auparavant dans un bar de Bruxelles et qui fut refusée par Yves Montand29), qu'Aznavour interprète « dos au public », dans une mise en scène audacieuse qui s'avérera payante30... Après sept chansons interprétées devant un public froid31, l'artiste avec ce titre sort son ultime atout : Je m'voyais déjà, raconte l'histoire, non autobiographique, d'un artiste dont la carrière « ne décolle pas ». À la fin de sa prestation, des projecteurs sont braqués sur le public. Aucun applaudissement29. En coulisses, Aznavour est prêt à abandonner le métier. Retournant saluer une dernière fois, il voit la salle de l'Alhambra crouler alors sous un tonnerre d'applaudissements31. C'est un triomphe32. Il a trente-six ans.

     

    Années 1980

    En 1981, Charles Aznavour est co-soliste sur la chanson Stenka Razine, qu'il a écrite, interprétée avec Les Compagnons de la chanson.

    Depuis le terrible séisme de 1988 en Arménie, il ne cesse d’apporter son soutien au pays d'origine de ses parents grâce à sa fondation Aznavour pour l’Arménie. Sa chanson Pour toi Arménie (1989), enregistrée avec la collaboration de plus de quatre-vingts artistes, se hisse au sommet des hit-parades.

    En 2001, pour le remercier, son nom est donné à une place dans le centre d’Erevan, la capitale arménienne, sur la rue Abovyan par les autorités du pays. Une statue lui est même érigée à Gyumri, la ville d’Arménie la plus touchée par le séisme de 1988.

     Années 1990

    Charles Aznavour en concert à Deauville en 1988.
     

    En 1995, il achète les éditions musicales Raoul Breton. Deux années plus tard, il est nommé officier de la Légion d'honneur, puis commandeur en 2004.

    Avec le ténor italien Luciano Pavarotti, il chante l’Ave Maria de Gounod ensemble. En 1995, il joue avec le célèbre violoncelliste russe et ami Mstislav Rostropovitch pour inaugurer la présidence française de l'Union européenne. L'un des plus grands amis et collaborateurs d'Aznavour est le ténor espagnol Plácido Domingo, qui interprète souvent ses tubes, notamment un enregistrement en studio solo des Bateaux sont partis en 1985 et des versions en duo en français et en espagnol en 2008, ainsi que plusieurs interprétations en direct Ave Maria d'Aznavour.

    En 1994, Aznavour joue avec Domingo et la soprano norvégienne Sissel Kyrkjebø lors du troisième concert annuel de Domingo à Vienne. Les trois chanteurs interprètent une variété de chants de Noël, de méduses et de duos.

    En 1998, il revisite ses anciens succès en leur donnant une « couleur » jazz sur l’album Jazznavour, réalisé avec la collaboration de Dianne Reeves, Jacky Terrasson, Michel Petrucciani, Eddy Louiss, Richard Galliano et André Manoukian.

    La même année, CNN et les lecteurs du Times Online à travers la planète élisent Charles Aznavour « artiste de variétés du siècle ». Il est reconnu comme étant le performer par excellence du siècle, avec près de 18 % des votes, déclassant ainsi Elvis Presley et Bob Dylan39.

     Années 2000

    Charles Trenet (à gauche) et Charles Aznavour (au centre)
     

    En 2002, Charles Aznavour tient le rôle principal de son film le plus personnel, Ararat d’Atom Egoyan, qui traite du génocide arménien.

    Au printemps 2005, il amorce une tournée d’adieu nord-américaine, qu’il entame au Québec et qu’il conclut à l’automne de l’année suivante aux États-Unis et au Canada. Un concert donné en plein air à Erevan le 30 septembre 2006 par le « héros national » (titre qu'il possède en Arménie40) rassemble plus de 100 000 spectateurs.

    Au début de l’automne 2006, Aznavour débute une nouvelle tournée dite « d'adieu », aux États-Unis et au Canada, où il obtient des critiques très positives. Il commence 2007 avec des concerts dans tout le Japon et en Asie. Au cours du second semestre, Charles Aznavour, du 9 octobre au 10 novembre 2007, chante au Palais des congrès de Paris, où il propose au public un concert plus intimiste, accompagné d'une orchestration très rythmée, ainsi que des titres qui, depuis des décennies pour certains, n'avaient plus été interprétés (Il pleut, Viens, Entre nous, Pour faire une jametc.). Ces représentations parisiennes précédent une tournées en Belgique, aux Pays-Bas et dans le reste de la France. À l'entame de cette tournée d'adieu, l'artiste a à plusieurs reprises déclaré « qu'elle durerait probablement, si sa santé le lui permettait, au-delà de 2010 ». À 93 ans, Aznavour est en excellente santé, même s'il est vrai que soixante ans sur scène l'ont rendu « un peu mal à l'aise »[Quoi ?][citation nécessaire].

    Faisant partie des personnalités les plus appréciées de son pays, selon un sondage de début janvier 200741, il publie en octobre 2007 un recueil de nouvelles, intitulé Mon père, ce géant. Dans ce premier recueil, il aborde des thèmes familiaux, parfois sensibles, tout en insistant sur l'importance du rôle des parents.

    Il termine une tournée au Portugal en février 2008. Tout au long du printemps 2008, il tourne en Amérique du Sud, donnant plusieurs concerts en Argentine, au Brésil, au Chili et en Uruguay (il revient en Amérique latine à automne).

    Le 5 juillet 2008, il est investi à titre d'officier honoraire de l'Ordre du Canada. Le jour suivant, à l'occasion des célébrations entourant le 400e anniversaire de la ville de Québec, Charles Aznavour se produit le 6 juillet 2008 sur le site des Plaines d'Abraham, en plein cœur de la Vieille-Capitale. Ce spectacle, qui attire plus de 100 000 spectateurs, est seulement le troisième concert en plein air du chanteur42.

    Le 26 décembre 2008, le président de la République d'Arménie, Serge Sargsian, confère au chanteur français la citoyenneté arménienne40. En février 2009, il accepte le poste d'ambassadeur d'Arménie en Suisse, sur proposition du président arménien. Le 30 juin 2009, il présente ses lettres de créance à Hans-Rudolf Merz, le président de la Confédération suisse43.

    Charles Aznavour est également le représentant permanent de l'Arménie auprès de l'Organisation des Nations unies (ONU) à Genève44. Le 26 juin 2009, il présente ses lettres de créance à Sergueï Ordjonikidze, le directeur général de l'office des Nations unies à Genève45,46,47.

    Le 8 décembre 2008N 2, sort le double album Duos, sur lequel Aznavour reprend avec de nombreux artistes plusieurs de ses succès. L'année suivante parait l'album Charles Aznavour and The Clayton Hamilton Jazz Orchestra qui s'inscrit dans la même veine que son album Jazznavour (sorti en 1998), où il réenregistre, avec un orchestre de jazz et d'autres invités artistes de jazz, d'anciennes chansons sur de nouveaux arrangements48.

    En 2009, Aznavour effectue des tournées à travers l'Amérique. Baptisé Aznavour en liberté, ce nouveau tour débute fin avril 2009 avec une vague de concerts à travers les États-Unis et le Canada, qui l'amène à traverser l’Amérique latine à l’automne, ainsi qu’une fois de plus aux États-Unis.

    À l'automne 2009, il publie une autobiographie, intitulée À voix basse, où il aborde différents moments de sa carrière et de sa vie privée49.

     Années 2010

    Charles Aznavour en 2014.
     

    Charles Aznavour participe avec plus de soixante-dix artistes haïtiens, français et internationaux à la chanson caritative Un geste pour Haïti chérie à la suite du tremblement de terre en Haïti survenu le 12 janvier 2010.

    Le 6 mars 2010, il est président d'honneur de la vingt-cinquième édition des Victoires de la musique, cérémonie au cours de laquelle il reçoit une « Victoire d'honneur » pour l'ensemble de sa carrière50.

    En août 2011, sort l'album Aznavour toujours, avec 11 nouvelles chansons et Elle (en duo avec Thomas Dutronc), adaptation française de She. Il entame ensuite une tournée à travers la France et l'Europe, Charles Aznavour en toute intimité, qui débute avec 21 concerts à l'Olympia.

    Le 12 décembre 2011, il donne une unique représentation à Moscou, dans la salle de spectacles du Kremlin51. En avril 2012, il se produit à la Maison symphonique de Montréal ainsi qu'au Capitole de Québec52, puis à l'amphithéâtre Gibson de Los Angeles, ainsi qu'en Géorgie (où le concert sera partiellement diffusé à la télévision géorgienne).

    Le 27 avril 2013, il annonce la sortie d'un album consacré à des chansons qu'il a composées de 1950 à 1970, avec Gilbert Bécaud53 (projet qui demeure inabouti).

    Le 15 juin 2013, il interprète en duo à Bercy, à l'occasion des 70 ans de Johnny Hallyday, Sur ma vie54.

    En 2014, Il chante en duo avec Zaz dans le dernier album de la chanteuse, intitulé Paris sur la chanson J'aime Paris au mois de mai. La même année, il entreprend, pour ses 90 ans, une tournée mondiale qui passe par Israël, l'Arménie, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne, l'Espagne, l'Italie, les États-Unis, la Russie, la Suisse, la Belgique et le Canada55. Le 12 mai, lors de son concert à l'Opéra d'Erevan en Arménie, sont présents le président Arménien, Serge Sargsian, et le président de la République Française, François Hollande56.

    Le 24 novembre 2014, sort un album-hommage collectif de reprises de quelques-unes de ses plus grandes chansons, Aznavour, sa jeunesse.

    En avril 2015, il donne deux représentations en RussieSaint-Pétersbourg et à Moscou). En septembre 2015, il se produit pour la première fois au Palais des sports de Paris, durant six représentations57.

    En novembre 2015, à 91 ans, il reçoit un NRJ Music Awards d'honneur qui lui est remis par Sting58. En août 2017, il reçoit son étoile sur le mythique Walk of Fame à Hollywood puis se produit en concert à l'AccorHotels Arena59,60,61.

    En 2014, 2015 et 2016, Aznavour a poursuivi sa tournée internationale, notamment à Bruxelles, Berlin, Francfort, Barcelone, Madrid, Varsovie, Prague, Moscou, Bucarest, Anvers, Londres, Dubaï, Montréal, New York, Boston, Miami et Los Angeles, Osaka, Tokyo, Lisbonne, Marbella, Monaco, Vérone, Amsterdam et Paris.

    Il donne une série de concerts en décembre 2017 à Bercy. C'est la première et la dernière fois qu'il passe dans cette salle62. Après avoir été contraint d'annuler des concerts en avril à Saint-Pétersbourg (victime d'un tour de reins) et en mai, en raison d'une fracture de l'humérus gauche63, il donne ses deux derniers concerts au Japon les 17 et 19 septembre 2018. Au moment de sa mort, il devait entamer une nouvelle tournée et chanter notamment à Bruxelles et Paris64,65.

    Son décès

    Il meurt dans son sommeil le 1er octobre 2018, à l'âge de 94 ans, à son domicile de Mouriès (Bouches-du-Rhône)66,67,68, qu'il a fait construire vers 1991. Depuis une dizaine d'années, il y cultivait des oliviers et produisait de l'huile d'olive, qu'il commercialisait69.

     

    Personnellement, j'aimais bien Charles Aznavour, c'était l'un des plus grands chanteurs-compositeurs, et d'ailleurs j'apprécie beaucoup un grand nombre de ses chansons...qui pour moi font parti des plus belles chansons françaises. On le regrettera...mais on ne l'oubliera pas, en particulier pour tous ses talents d'artiste !

     

    En sa mémoire, voici des vidéos de ses plus belles oeuvres des plus célèbres :

     

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    2 commentaires
  •  

    Maurane

    Claudine Luypaerts, dite Maurane, née le 12 novembre 1960 à Ixelles et morte le 7 mai 2018 à Schaerbeek - deux communes de la région de Bruxelles, en Belgique - était une chanteuse, auteure-compositrice-interprète et comédienne belge.  

    Révélée dans les années 1980 par son rôle de Marie-Jeanne dans la deuxième version de l’opéra-rock Starmania, ses titres les plus connus sont Toutes les mamas, Sur un prélude de Bach et Tu es mon autre (en duo avec Lara Fabian)3. L'artiste est régulièrement qualifiée de « voix d'or de la chanson francophone »4,5, de voix chaude et jazzy et de « voix de velours ».

    Après l'annonce de la mort de Maurane, sa fille unique, Lou, a réagi sur Facebook.

    Sa fille unique est en deuil. Ce lundi 7 mai, Maurane a été découverte morte dans son lit, aux alentours de 20 heures, à Bruxelles (Belgique). La chanteuse n'était âgée que de 57 ans et fourmillait encore de projets. En effet, elle planchait sur un album de reprises de son idole, Jacques Brel. Son décès inattendu, a bouleversé de nombreuses stars de la chanson, mais aussi des personnalités du 7ème art ainsi que des animateurs du petit écran. Pour le journaliste à RTL-TVI, Thomas de Bergeyck, qui avait filmé son dernier concert lors d'un Gala de charité, Maurane incarnait "la voix de la Belgique". Pour lui, le pays "perd un élément de son patrimoine".

    Les proches de la chanteuse sont les premiers touchés par cette terrible nouvelle. La fille unique de l'artiste, Lou Villafranca, a tenu à réagir sur Facebook. En effet, ce mardi 8 mai, la jeune femme a remplacé ses photos de profil et de couverture par deux images noires. Ses "amis" du réseau social n'ont pas hésité à la soutenir, dans cette épreuve extrêmement difficile : "Je viens d'apprendre la nouvelle, on pense très fort à toi dans ces moments difficiles...bisous de loin", "Je suis bouleversée LOU, je pense très très fort à toi et ta grand-mère. Maintenant pense surtout à toi et préserve toi . Je t'embrasse bien fort", "De tout cœur avec toi Lou...il n'y a aucun mot assez fort pour te soutenir et te consoler. Courage !", lit-on notamment en commentaires.

    Très complice avec sa fille, l'interprète de "Tu es mon autre" n'avait jamais caché que sa carrière avait été compliquée à gérer pour Lou. Dans les colonnes de Platine en 2011, elle s'était exprimée à ce sujet : "La culpabilité, ça ne sert à rien... C'est mon métier, elle l'a accepté après me l'avoir reproché, on en a parlé... Même si parfois on se chope comme mère et fille, on a des rapports assez jolis... Je suis certainement une mère protectrice, réconfortante...". Lou est née de du mariage entre Maurane et le comédien Pablo Villafranca.

    > Les 50 plus belles chansons de Maurane

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique